Tania Saleh, une voix entre Orient et Occident

Tania Saleh, une voix entre Orient et Occident

Le 14/05/2020 par Yara Rizk

Il y a des voix qui nous enchantent, qui nous transpercent et nous tourmentent. Ces voix sont rares, et précieuses. Entre Orient et Occident, mer et désert, prière et expression de soi, voici le portrait d’une artiste pas comme les autres.

Tania Saleh est auteur-compositeur-interprète, elle est également considérée par ses pairs comme étant l’un des précurseurs de la scène musicale alternative indépendante au Liban et dans le monde arabe. Avec son timbre de voix chavirant de douceur et de poésie, elle jongle avec habilité entre les rythmes occidentaux et la sensualité de la langue arabe à laquelle elle rend hommage. Sur des airs de pop électro, folk, bossa nova, rock alternatif et jazz, elle redessine les voyelles, et redéfinit le contour des mots. Avec des phrases simples qu’elle répète comme un mantra sur un rythme ensorcelant, elle enivre son public, et l’emporte avec elle dans un univers onirique et chaleureux. Ses textes sont engagés et sincères. Elle narre le passé tumultueux du pays des Cèdres, en évoquant les atrocités de la guerre, mais aussi la folie des Hommes.

Son épopée musicale commence à l’adolescence. Tania chante dans plusieurs chorales, et écrit des «jingles» publicitaires pour des radios où elle est engagée à 17 ans en tant que graphiste. Sa rencontre avec le fondateur du groupe Minus Infinitee, qui lui propose de tenir le rôle de chanteuse au sein de la bande, a été un point culminant dans sa carrière. Bien que cet épisode n’eut duré que quelques années, cela lui a permis de se faire un nom dans la scène musicale Beyrouthine. Elle se fait notamment connaître grâce à ses apparitions télévisées sur la chaîne «Future TV», où elle propose aux téléspectateurs un contenu innovant et alternatif mêlant chants et illustrations. Parallèlement à cela, elle collabore entre 1993 et 1996 avec l’illustre Ziad Rahbany à l’occasion de deux comédies musicales à succès «Bikhsous el Karameh Wil Shaab el Anid « et  » Lawla Foushat el Amal « . Ce n’est qu’en 1997, qu’elle diffuse son premier album éponyme sous la production de Philippe Tohme.

Après une longue absence qu’elle consacrera à l’éducation de ses enfants, Tania Saleh fait son grand retour en 2006, où elle écrit et compose des morceaux pour divers groupes libanais. Cette même année, elle est choisie par Miles Copeland parmi les artistes arabes les plus prometteurs de sa génération afin de figurer dans un reportage qui dépeint la scène musicale indie-orientale. Entre 2007 et 2011, elle travaille conjointement avec le compositeur Khaled Mouzannar pour les deux premiers longs métrages «Caramel» et «Hala La Wein» de la cinéaste Nadine Labaki. Son dernier album « La Fleur Orientale », remonte à 2016. Toutefois, l’artiste continue à fouler les scènes et à chanter à l’occasion de manifestations artistiques, au grand bonheur d’un public toujours fidèle.

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